Pour qu’un espace devienne une réserve naturelle, plusieurs étapes et critères sont nécessaires, encadrés par le Code de l’environnement :
Concernant les critères de classement, l’espace doit présenter des enjeux particuliers en matière de conservation de la faune, de la flore, des sols, des eaux, des gisements de minéraux ou de fossiles, ou plus généralement du milieu naturel, justifiant une protection forte. Sont notamment pris en compte :
- la présence d’espèces animales ou végétales menacées ou remarquables
- la reconstitution de populations ou d’habitats naturels, la préservation de formations géologiques ou de biotopes remarquables
- L’intérêt scientifique ou patrimonial du site.
Lors de la procédure de création, une étude scientifique préalable est réalisée pour attester de l’intérêt écologique de l’espace à protéger. La demande de classement peut être initiée par une association, une collectivité, ou l’État, souvent via le préfet qui transmet le dossier au ministère en charge de l’environnement.
Après avis d’instances scientifiques et consultation des parties prenantes (propriétaires, collectivités, usagers), une enquête publique est organisée. La décision de classement est prise par décret, qui précise les limites de la réserve, les activités autorisées ou interdites, et les modalités de gestion.
Les principales différences entre une réserve naturelle nationale et une réserve naturelle régionale résident dans leur niveau d’intérêt, leur mode de création, leur durée et leur gestion.
Une réserve naturelle nationale est créée par l’État, généralement par décret ministériel ou en Conseil d’État, pour une durée illimitée, et concerne la préservation de sites exceptionnels ou d’intérêt national ou international, avec des objectifs de protection de la biodiversité et de conservation d’habitats rares ou menacés à l’échelle nationale. En revanche, une réserve naturelle régionale est créée par le Conseil régional pour une durée limitée mais renouvelable, afin de protéger des sites remarquables à l’échelle régionale et de développer des actions de sensibilisation et de gestion adaptées au contexte local.
La gestion des réserves nationales est assurée par des organismes locaux en concertation avec l’État, tandis que celle des réserves régionales relève de la compétence des conseils régionaux qui en fixent les modalités et les priorités. De plus, certaines activités comme la chasse, la pêche ou l’extraction de matériaux ne peuvent pas être réglementées dans les réserves naturelles régionales, contrairement aux réserves nationales où la réglementation peut être plus stricte. Enfin, les réserves nationales ont généralement une superficie plus vaste et une portée scientifique et patrimoniale plus large que les réserves régionales, qui répondent à des enjeux de conservation et de sensibilisation plus localisés.